FATOUMATA BAH : la femme qui compte changer le visage de l’agriculture guinéenne

Actuellement à Kindia dans la région des agrumes, précisément au Centre de Recherche agronomque de Foulayah (CRAF) Fatoumata Bah s’est lancée dans l’agriculture. Gestionnaire de profession, elle a choisi la terre après un constat fait de la manière dont l’agriculture est pratiquée. Son objectif, promouvoir l’agriculture et valoriser la transformation des produits locaux.

Fille d’un commerçant et d’une ménagère, Fatoumata Bah est née le 27 mars 1989 à Dakar. L’ainée d’une famille de 5 enfants, elle a grandi entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire à côté de ses parents. En Côte d’Ivoire, elle débute ses études jusqu’en 6èannée pour les poursuivre à Dakar jusqu’au niveau du brevet.  Après le brevet, l’élève revient en Guinée et continue ses études jusqu’en terminale à Koumandjan Keita 5 à Conakry.

L’ex élève de Koumandian Keita se marie juste après l’obtention du baccalauréat. Ce qui n’a pas permis à la jeune fille ambitieuse de continuer les études universitaires. Juste après le mariage, la jeune dame repart en CI à Cocody pour faire des études dans une école professionnelle en Gestion commerciale pour deux ans et obtient un diplôme en BTS.

Fatoumata dans son champ

Cette première difficulté du mariage était loin de freiner ses ambitions. A partir d’un constat, la jeune dame s’est lancée dans l’agriculture. « Il y a assez de personnes qui produisent et peu qui valorisent ». Au lieu de se limiter à la production, Fatoumata s’est fixé pour objectif de produire les fruits et légumes. La transformation, particulièrement, le séchage de l’ananas est son domaine d’intervention. « Je fais la transformation de tous les produits locaux. Actuellement, j’évolue plus dans le séchage de l’ananas, je veux bientôt mettre un produit sur le marché s’il plaît à Dieu ». Ambitieuse de l’excellence, la bénéficiaire du programme ‘’Avenir ‘’ lancé par l’USAID décide de faire la différence avec les autres producteurs. « Je me suis dit de faire une production durable parce que beaucoup de personnes mettent sur le marché des produits qui ne durent pas, par exemple la tomate, ça ne dure pas, en un laps de temps, ça pourrit. Je travaille avec mon hôte ici. On a pu expérimenter les différents types de cultures. On a fait la production de la tomate, ça nous a permis d’obtenir des tomates naturelles et avec ça, j’ai pu conserver mes tomates fraîches à la maison à l’air libre pendant deux semaines, ça ne s’est pas gâté. C’est à partir de là que j’ai la différence avec les autres ». La tomate n’est pas l’unique production de cette agricultrice. Dans un champs d’expérimentation, elle fait la production de l’aubergine Calinda, le poivron, le concombre, le maïs et le piment. Dans un champ personnel, elle cultive l’aubergine calinda. Elle compte aussi produire de l’ananas en début janvier.

Aujourd’hui, la jeune femme est plus qu’épanouie dans cette activité. « Je me sens libre, je suis assez indépendante, je fais ce que j’aime », déclare-t-elle.  Par contre, le chemin n’a pas été facile pour Fatoumata. « Ça a été très difficile quelque part, parce qu’il y a mes parents qui disaient que je ne peux pas être gestionnaire de profession et me retrouver dans l’agriculture. Mais je suis passionnée par ce que je fais surtout au niveau de la transformation. Certaines personnes me disent pourquoi tu as abandonné la ville pour venir t’installer au village’ ’Kindia. Je leur dis que je suis là pour un objectif. Certaines d’entre elle m’appellent villageoise et ça rigole’’, il faut faire tout son possible pour atteindre son objectif », laisse-t-elle entendre.

Toutes ces paroles de découragement n’ont ébranlé la paysanne. Pour elle, c’est un but qu’elle a visé : « Mon objectif aujourd’hui, c’est valoriser le secteur agricole, parce que je me dis : plus on transforme plus on produit. Je me suis fixé l’objectif de réussir dans la production, mettre le secteur agricole en valeur, participer avec les femmes qui vont se lancer dans ce secteur, inciter certaines femmes tout en les sensibilisant d’évoluer dans tout ce qu’elles veulent et participer à la valorisation du secteur agricole. »

Fatoumata Bah pense que l’agriculture n’est pas réservée seulement aux hommes comme le pensent d’autres. « L’agriculture, tout le monde en pratique », dit-elle.

Aux femmes et filles, elle demande : « De se fixer un objectif, d’avoir une idée et de développer cette idée, persévérer dans cet objectif qu’on s’est fixé pour arriver au bout du tunnel. Il faut qu’elles soient indépendantes et apprennent à vivre d’elles-mêmes, sans autant tendre la main à tout le monde », conclut-elle.

Source:Laguineenne.com