Guinée : Mahmoud Thiam reconnu coupable de corruption et blanchiment d’argent

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Mahmoud Thiam, ancien ministre guinéen des mines entre 2009 et 2010 dont le procès s’est ouvert il y a dix jours à New York, pour des faits de corruption et de blanchiment d’argent par la justice américaine, vient d’être fixé sur son sort. Alors que ce dernier avait plaidé non coupable à l’ouverture du procès le lundi 24 avril dernier, le tribunal fédéral de Manhattan l’a reconnu, ce mercredi 3 mai,coupable de blanchiment de 8,5 millions de dollars reçus en pots-de-vin.

 

Les faits remontent à la période de la transition militaire entamée en 2009 en Guinée. Il occupait à l’époque la fonction de ministre des Mines du CNDD (conseil national pour la démocratie et le développement) qui s’est emparé du pouvoir en 2008 après la mort du feu général Lansana Conté.

 

La justice américaine repocche à M. Thima d’avoir reçu 8,5 millions de dollars de China international Fund, un fonds d’investissement chinois, qui s’est rapproché de la Guinée après l’arrivée des milliaires au pouvoir en 2009, pour aider ceux-ci à obtenir l’exclusivité  des droits d’exploitation sur des gisements miniers de fer, d’or, de diamants, bauxite, etc…

 

Après plus de cinq heures de délibérations ce mercredi, le jury du tribunal fédéral de Manhattan a rendu un verdict retenant dans les liens de la culpabilité l’ancien ministre. En attendant la prononciation de la peine, Mahmoud Thiam risque jusqu’à 10 ans de prison.

 

Dans ce rocambolesque scandale de corruption dans les mines guinéennes, M. Thiam qui se retrouve au cœur du cyclone n’est toutefois pas le seul dont le nom ait été cité par le rapport d’enquête du FBI, publié en décembre dernier. Le nom de plusieurs hauts cadres guinéens, dont des ministres à l’époque des faits, reviennent avec insistance comme le relevait Financial Afrik dans un article (http://www.financialafrik.com/2016/12/20/affaire-mahmoud-thiam-plusieurs-anciens-ministres-guineens-epingles/#.WQs08EWLS1s)

 

Si leur culpabilité n’est pas établie comme celle de Mahmoud Thiam, ils n’en demeurent pas moins des éléments importants du puzzle. La justice américaine n’a pas badiné avec le cas de M. Thiam, parce que tout simplement, ce dernier est citoyen américain, vivant sur le sol américain, raison de plus d’être une priorité pour les juridictions américaines. Alors, l’on est tenté de se demander à qui le tour ?

Financial Afrik