L’anacarde, ce marché à plus de 4 milliards de dollars par an qui pouvait changer le quotidien du guinéen lambda, pourtant il n’est pas trop tard. Reviewed by Momizat on . Fidèle à mes défauts et pour une question de lisibilité, je commencerai par décliner les différents points abordés dans ce présent article. Dans une linéarité q Fidèle à mes défauts et pour une question de lisibilité, je commencerai par décliner les différents points abordés dans ce présent article. Dans une linéarité q Rating: 0

L’anacarde, ce marché à plus de 4 milliards de dollars par an qui pouvait changer le quotidien du guinéen lambda, pourtant il n’est pas trop tard.

L’anacarde, ce marché à plus de 4 milliards de dollars par an qui pouvait changer le quotidien du guinéen lambda, pourtant il n’est pas trop tard.

Fidèle à mes défauts et pour une question de lisibilité, je commencerai par décliner les différents points abordés dans ce présent article.
Dans une linéarité qui tiendra le lecteur en haleine tout au long de l’article, seront abordés six points dont la liste est dressée ci-dessous.

1 – Qu’est ce que l’anacarde ?
2 – L’historique de l’évolution de cette culture ainsi que les chiffres clés.
3 – Quels sont les produits dérivés de l’anacarde ?
4 – L’exemple de réussite de la côte d’Ivoire, le premier pays producteur du monde (Pari réussi en moins de 5 ans).
5 – La Guinée et la culture de l’anacarde.
6 – Le développement de la culture d’anacarde, tremplin pour l’emploi à hauteur de 40 fois plus que les mines.
7 – La conclusion.

Qu’est-ce que l’anacarde ?

L’anacarde ou noix de cajou est le fruit de l’anacardier (Anacardium occidentale), arbre originaire des Caraïbes et d’Amérique du Sud, plus précisément du Nord-Est brésilien. L’arbre est aussi appelé pommier-cajou. Il est aujourd’hui largement cultivé dans toutes les zones tropicales. La noix de cajou est la principale exportation de la Guinée-Bissau, même si le premier producteur africain et premier exportateur mondial est la Côte d’Ivoire.

Contrairement aux idées reçues proférées par les détracteurs de cette culture. Idées qui consistent à dire que son arbre une fois développé empêche les autres cultures dans son voisinage de prospérer, freinant ainsi l’exploitation dans son plein potentiel du sol occupé, reste une arrogance politicienne des gouvernants incapables.

La culture d’anacarde doit être le futur de l’Afrique compte tenu des atouts climatiques de celle-ci, atouts propices à cette culture.
Les raisons demeurent dans le fait que sa culture est simple mais aussi très vite rentable, dès la troisième année d’exploitation.
Au-delà de ça, l’anacardier est l’un de ces arbres à enracinement profond qui prospèrent là où peu d’autres végétaux peuvent survivre.
Sur les terres semi-arides, il permet de freiner l’érosion. C’est d’ailleurs d’abord pour cette raison qu’il fut initialement planté sur les côtes de l’Afrique (la Guinée y compris) et de l’Inde. Il était le soldat incontournable pour lutter contre ce phénomène et surtout assurer le reboisement des zones arides. L’Afrique et la Guinée a tout à gagner à développer cette culture.

L’historique de l’évolution de cette culture ainsi que les chiffres clés

 a) L’historique de l’évolution de cette culture

Si l’anacardier fut implanté très tôt par les explorateurs portugais en Afrique et en Asie, c’est à partir de 1920 qu’une production et une transformation semi-industrielle digne du nom a vu le jour dans la région de Goa en Inde. Ce comportement est dû à une extension de la consommation locale de cette localité vers une consommation à visée d’exportation. Un commerce de noix de cajou est alors peu à peu né entre l’Inde (exportatrice) et les États-Unis d’Amérique (importateurs).

Trente ans après (dans les années 50), une transformation industrielle se développa au Brésil, et l’Afrique est entrée dans la danse par le Mozambique puis dans une moindre mesure, la Tanzanie et le Kenya.

Dans les années 1980 pendant que l’Afrique souscrivait à son déclin faute de maintien de son infrastructure industrielle, l’Inde prospérant a augmenté sa part de marché et a développé une puissante industrie de transformation qui nécessitait plus de matière première qu’elle ne pouvait produire.
L’Afrique incapable de stabiliser sa production voire la prospérer, fut alors pour l’inde le terrain propice d’importation de ses matières premières pour son industrie de transformation. Ce bras tendu de l’Inde a provoqué un sursaut de la production de l’anacarde en Afrique de l’Ouest dans les années 1990.

Qui n’a pas vu les indiens acheteurs en Guinée ?

b) Les chiffres clés

À gauche, la capacité en tonnes des dix premiers pays producteurs d’anacarde dans le monde en 2012 (Nigeria et Cambodge sur le même pied d’égalité) et à droite une deuxième statistique importante en pourcentage pour plus de lisibilité.

 

Depuis 2012, les statistiques sont en faveur de l’Afrique particulièrement la Côte d’Ivoire qui a supplanté l’Inde depuis 2015 et table sur un chiffre record de 711.236 tonnes en 2017. Une progression globale de 58 % en 5 ans et 11 % de moyenne annuelle.

L’Afrique de l’Ouest concentre 45% de la production mondiale dont la moitié en Côte d’Ivoire. L’Asie du Sud, notamment, l’Inde, le Vietnam et le Cambodge, réalise également autour de 45% de la production mondiale mais concentre 90% de l’industrie de transformation. La Tanzanie, le Mozambique, l’Indonésie et le Brésil produisent les 10% restants.
La Guinée en 2012 avec ses 0.4% produisait moins de 10.000 tonnes et en 2018 en dehors du tumulte médiatique et de la politique politicienne, rien n’a bougé (les chiffres dans la suite viendront étayer mes propos).

Quels sont les produits dérivés de l’anacarde ?

Si on cultive l’anacardier c’est avant tout pour la graine, mais pas que. Tout du produit de l’anacardier est consommable. De sa pomme à sa graine en passant par l’enveloppe qui protège celle-ci. Environ 15 produits dérivent de l’anacardier.

 a) Les produits dérivés de la graine (amende de cajou)

                      b) Les produits dérivés de la pomme

 

L’exemple de réussite de la côte d’Ivoire, le premier pays producteur du monde (Pari réussi en moins de 5 ans)

Le marché de l’anacarde, longtemps sous le monopole des pays asiatiques depuis plus de 10 ans dont l’inde en pole position, a connu un extraordinaire revirement de zone de production ces derniers temps. Le réveil des pays africains et leur vision de supplanter la zone « Asie » tant en matière de production qu’en matière de transformation industrielle reste louable.

La Côte d’Ivoire ayant compris le potentiel de cette culture, a souscrit à une politique qui visait la première place au monde. Ainsi pour mettre toutes les chances de son côté, l’État a initié en 2013 une réforme d’envergure de la filière coton –anacarde.

En moins de quatre ans, elle parvint à son pari et en 2017, la côte d’Ivoire au-dessus de ses 711.236 tonnes exportées est devenue le premier pays producteur mondial dépassant ainsi l’Inde. Pourtant elle vient de loin, sa production en 2000 était d’à peine 65.000 tonnes.

Il n’y a pas de hasard en réussite, elle vient au bout des efforts et sacrifices et surtout d’une volonté saine. L’État ivoirien avait le souci du plein emploi pour sa population et s’est orienté vers le secteur le plus répondant, l’Agriculture.

Investissement, sérieux, vision et rigueur se sont côtoyés et le résultat fut à la hauteur des ambitions.

a) L’évolution de la culture de l’anacarde en C.I, ces 7 dernières années.


Au-delà de la production brute, la Côte d’Ivoire s’est attelée à la transformation industrielle, celle-ci reste une transformation à l’état embryonnaire mais un bon début.

Ci-dessous les productions brutes, les quantités transformées mais aussi le pourcentage de transformation au niveau local.

    

 

 

 

 

 

b) Pourquoi privilégier la transformation sur place (transformation industrielle locale).

La tonne est achetée aux locaux africains à 1.500 dollars à l’état brut et après transformation elle vaut 9.000 dollars.
Ce rapport fait qu’aujourd’hui, l’Afrique enrichie l’Asie. Elle produit du brut à 1.500 dollars et l’Asie une fois le produit transformé le revend à 6 fois plus.

c) Quand le sérieux de la Côte d’Ivoire paye enfin

(Sources : https://www.financialafrik.com/2018/04/11/cote-divoire-200-millions-de-dollars-de-la-banque-mondiale-pour-la-filiere-anacarde/)

Une politique orientée dans le sens de la population paye toujours.

La banque mondiale constatant les atouts de cette culture en Côte d’Ivoire, troisième produit d’exportation du pays (800 millions de dollars à l’export) – après le cacao et les produits pétroliers raffinés, avec une production de plus de 711 000 tonnes en 2017, soit 23% de l’offre mondiale, a décidé le 11 avril de l’octroi d’un prêt de 200 millions de dollars à la Côte d’Ivoire dans le cadre d’un projet de promotion de la filière anacarde.

Les 200 millions de prêt visent à assurer une transformation à hauteur de 50% d’ici à 2020 de la production brute. Celle-ci en 2017 était de 6,62%.

Il est à noter que les 800 millions de dollars engrangés par la filière à l’export sont à 94% de la production brute. Le rapport entre le brut et la production transformée est de l’ordre de 1.500 dollars à 9.000 dollars, pas besoin d’être matheux pour calculer le delta.

En plus de ces 800 millions, le secteur d’anacarde a été à la base d’un flux financier local à hauteur de 267 millions de dollars. Argent qui profite directement à la population locale.

La Guinée et la culture de l’anacarde

Depuis fin 2014, le président Alpha a fait du secteur de l’anacarde une priorité. Qui ne se souvient pas du tapage médiatique autour de cette euphorie ? Quatre ans après, ci-dessous un petit comparatif des progressions de 2014 à 2017 entre la Guinée, la Guinée Bissau et la Côte d’Ivoire.

Ci-dessous le delta par années consécutives.

Exemple : la progression entre 2014 et 2015 par la Guinée était de 1.000 tonnes, la Côte d’Ivoire 137.730 tonnes et la Guinée Bissau 40.000 tonnes.


NB : Aucune étude sérieuse du secteur n’est disponible en Guinée. Cette augmentation de 2015 à 2016 de plus de 250 % suivie d’une augmentation légère 2016/2017 de 14.29%, étude menée par l’Agexana est une insulte à l’intelligence collective.

Sources : http://www.jeuneafrique.com/mag/538734/economie/guinee-le-gouvernement-mise-sur-le-cafe-et-lanacarde-pour-doper-les-revenus/

NB : Les 40.000 tonnes brandies par la Guinée viennent de la magie blanche dont les rituels et incantations transcendent mon intelligence. Comme c’est facile quand c’est la baguette magique qui fait le boulot.

 a) Pourquoi la Guinée peine ?

Le secteur agricole pitoyable de la Guinée est la résultante des mauvais choix d’hier et des défis manqués de la gouvernance Alpha Condé depuis huit ans.

  • L’héritage amer des prédécesseurs

Avant l’indépendance, la Guinée fut une puissance agricole au sein de l’A.O.F. La valeur relative de l’agriculture dans le PIB était de 90%, et la Guinée était l’un des plus grands exportateurs de bananes dans le monde.
Durant les années 1970, la Guinée ambitionne de devenir le plus grand exportateur mondial de bauxite. L’agriculture fut abandonnée au profit de la bauxite et dès 1971, sa part chute de 62% du PIB.
Avec les exploitations de bauxite de la C.B.G, Friguia et S.B.K, l’agriculture ne comptait plus que 46% du PIB en 1988. Ce rythme est resté tel jusqu’aujourd’hui. L’agriculture occupe plus de 7 millions de personnes, un peu plus de la moitié de la population. Ce secteur qui est le plus grand pourvoyeur d’emplois a vu sa part du PIB tomber de 90% en 1958 à 7% en 2017.

De l’indépendance à nos jours, on remarque que les années passant, aucune mesure d’envergure n’a été prise dans le cadre de la valorisation du secteur agricole.

  • Les défis manqués de l’actuelle gouvernance

Le président guinéen est un homme qui opte pour des solutions de facilités même si elles sont catastrophiques pour le pays.

L’option de recette, la moins contraignante de nos jours et qui profite à l’oligarchie en laissant sur le carreau la population est la vente de la bauxite brute. Signer des contrats opaques avec des sociétés étrangères sans option d’infrastructure. Leur vendre du brut dont le transport se fait via les camions sur des routes vétustes en lieu et place des chemins de fer ou bien sur les rails existants. Puis empocher l’argent comme une entreprise familiale. Cet argent facile des mines décourage les efforts envers l’agriculture. Au lieu de développer son potentiel agricole, qui profiterait à 70% de la population mais restera une ponction pour l’État, Celui –ci se tourne vers les mines et utilise les devises des mines pour asservir la population.

Le président Alpha Condé et le long terme ne font pas bon ménage, c’est un friand des projets à retour d’investissement immédiat. L’un des exemples éclairants est l’implantation de la S.M.B à Boké.
En lieu et place d’une cité industrielle et toutes les autres infrastructures qui s’y attachent pour une exploitation responsable, les habitants de Boké n’ont demandé que le minimum, la réalisation d’une contournante.
Cette doléance de la localité visait à prévenir des risques en pertes de vies humaines, mais aussi éviter que leur agglomération ne se transforme en « ville-carrière ». Le professeur Alpha adepte de la facilité a foulé au pied ces inquiétudes de la population et a permis l’exploitation anarchique du sous-sol de Kakandé. Aujourd’hui la S.M.B exploite et transporte sa bauxite brute via l’ancien réseau routier du régime Ahmed Sékou Touré. Gros camions de bauxite, taxis, et véhicules de particulier filent un parfait mariage sur des routes à voie unique avec pour seul code de conduite « Bienvenue aux accidents » dans l’insouciance totale. C’est cela la façon de gérer du président guinéen, tout projet qui s’inscrit dans la durée ne rentre pas dans sa matrice.

b) Les atouts d’un secteur n’anacarde développé  

On dit souvent que la comparaison n’est pas raison. Mais je dirai aussi qu’il n’y a pas de progrès sans modèle. Lorsqu’on n’accorde pas de budget à la recherche, on le compense par la veille autour de soi. Voir ce qui a marché chez les autres puis copier. Partant du secteur d’anacarde, un exemple de réussite sortant de l’ordinaire est notre voisin la Côte d’Ivoire. Si nous parvenons à dupliquer ce qu’ils ont réussi ces quatre dernières années, le quotidien des millions de guinéens changera. Le secteur de l’anacarde en Côte d’Ivoire a fait travailler plus de 2 (deux) millions de personnes en 2017. Ce chiffre représente 15 fois le nombre total de fonctionnaires en Guinée évalué entre 100 à 130 mille et une manne financière de plus 800 millions de dollars qui représente plus de 34% du Budget annuel 2018 de la Guinée, budget qui tourne autour de 21 mille 137 milliards de FG (environ 2 milliards 349 millions de dollars en fonction du cours actuel). Aucun secteur ne peut rapporter autant. L’anacarde en soit reste pourtant minuscule à comparer au potentiel agricole de la Guinée.

Avant de continuer notre analyse, voyons ci-dessous la contribution de chaque secteur dans le PIB guinéen en GNF (Franc guinéen).

 

NB : D’après les études guinéennes, la mine représenterait entre 15 à 24% du PIB guinéen. L’intellectuel saura lire entre les lignes, le cerveau est fait pour ça.

c) La campagne 2018, une aubaine pour les autres pays africains et une malédiction pour la Guinée

L’année 2018 est l’année ou le ciel a été clément pour les pays africains. Les pays asiatiques champions en transformation ont vu leur production domestique diminuer de 30 à 50% pour diverses raisons.

Le Vietnam premier pays transformateur et exportateur de noix de cajou a vu sa production baissée de 50% pour causes de maladies et animaux ravageurs. L’Inde concurrente directe du Viêtnam sur le sol africain, a aussi été face à une double problématique, la progression de sa consommation locale et la diminution drastique de sa production domestique. L’importation de la matière première brute venant de l’Afrique était la seule alternative pour assouvir la faim de ces deux dinosaures. C’est pourquoi 2018 fut l’année record du prix à la tonne, le Vietnam a proposé au Ghana et au Benin 2000 dollars la tonne. La Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau ont garanti un prix à l’export d’environ 1.500 dollars.

                                                                                

La campagne anacarde 2018 et le choix impitoyable de Alpha Condé

Pendant que les voyants sont au vert partout, et que les États se sont battus pour tirer au plus haut le prix pour leurs compatriotes (agriculteurs-producteurs). L’État guinéen par incompétence ou par méchanceté a réussi à saboter de la manière la plus vile cette campagne 2018.

Aux lecteurs de vider les mots de leurs sens ou de les laisser comme tels, ceci reste mon appréciation de la situation. L’incompétence, l’irrationalité, l’impréparation et surtout la méchanceté se sont côtoyées dans les mesures prises par l’État guinéen. Interdiction de tous négoces avec les acheteurs étrangers (particulièrement les indiens), interdiction d’exporter dans les pays limitrophes qui ont garanti un meilleur prix pour leurs agriculteurs, mais le comble de tout c’est l’absence totale d’une solution alternative.

Bref aperçu des prix du kilogramme par pays en 2018. Le prix au kilo «en fin de la campagne» 2018 sera désastreux pour la Guinée.

 

Il est à noter qu’en Guinée, jusqu’aux dernières informations la campagne 2018 reste ouverte, faute d’acheteurs sérieux (les acheteurs indiens sont interdits sur le sol guinéen). Le kilo est vendu de nos jours entre 4.000 à 6.000 GNF alors qu’en début de campagne 2018 le kilo s’est négocié entre 7.000 à 12.000 GNF. Le 19 juillet 2018, l’union des producteurs de Boké a été en conclave pour exhorter l’État guinéen de prendre sa responsabilité et de s’impliquer dans la gestion de cette catastrophe.
L’État fait tout pour mettre en berne les espoirs de cette culture en Guinée, pendant que chez les autres les prix grimpent d’année en année, en Guinée c’est une dégringolade innommable. De 20.000 GNF en 2017, le prix de clôture de la campagne 2018 tournera autour de 6.000 à 7.000 GNF. Nos vifs remerciements vont à l’adresse d’Alpha Condé pour cette vente à perte.

Le développement de cette culture, tremplin pour l’emploi à hauteur de 40 fois plus que les mines.

D’après les prévisions d’une gestion saine de l’exploitation minière en Guinée, les opportunités en termes d’emploi que ce secteur offre tourne autour de 25.000 emplois.
Sans corruption et avec un développement infrastructurel minimaliste, la présence des investisseurs sérieux produirait ces statistiques ci-dessous. Il est à noter que ce tableau reste des prévisions en cas d’implantation des usines de transformation.


Je fais allusion aux mines car elles constituent le champ de tapage médiatique de l’État. Pourtant en matière d’emplois, une exploitation minière transparente et bien gérée ne peut pas générer plus de 50.000 emplois en Guinée. Donc la lutte contre le chômage en Guinée se mènera ailleurs pas au niveau des mines, d’ailleurs ce n’est pas la vocation de ce secteur d’assurer le plein emploi.

L’agriculture est la seule alternative crédible pour faire travailler les guinéens. Elle affecte plus de 70% de la population, son développement est le gage de la réduction du chômage en Guinée et de façon non discriminatoire. Toutes les couches y trouvent leurs comptes (de l’ingénieur agronome au monsieur laboureur du dernier village de Boké, ma ville natale).

  a) Le secteur de l’anacarde et la réduction du chômage en Guinée

En 2017, le secteur de l’anacarde a fait travailler environ 2 millions d’ivoiriens. D’après les prévisions à l’horizon 2020 du ministre guinéen des Mines et de la Géologie, Abdoulaye MAGASSOUBA. Les perspectives de mise en valeur des ressources minières en Guinée (bauxite, fer, or, diamant), nécessite un investissement dans le secteur minier qui passerait de 2 millions de dollars à plus de 610 millions de dollars, avec plus de 10.000 emplois créés pour la main-d’œuvre locale. Cette prévision ajoutée aux emplois existants du secteur ne dépasse pas 35.000 emplois (directs et indirects). Le secteur minier guinéen même sainement géré avec la mobilisation de toutes les compétences, ainsi que la valorisation optimale de la main d’œuvre locale n’est qu’embryon face à l’agriculture en matière du plein emploi.

Il est important de rappeler que le nombre maximum de fonctionnaires actuels, nombre tiré au plus haut est d’environ 130 mille. Le nombre d’emploi du secteur minier et celui de l’ensemble des fonctionnaires ne dépasse pas 200.000 emplois. En confrontant ce chiffre à la population active de chômeurs en Guinée, en dehors de l’agriculture aucun autre secteur n’est éligible à la réduction du chômage.

Comme le magicien Kassory Fofana nous promet de rattraper la côte d’Ivoire d’ici à 2020, l’agriculture serait une candidate sérieuse pour le défi. Si l’anacarde a réussi à impacter environs deux millions de vies en C.I, la Guinée avec son climat est bien partie.
Ce retard corrigé, offrirait 40 fois plus d’emplois qu’offrent les mines sainement gérées. Mais il faut bien qu’on sorte du rêve, en trois ans (2014/2017) la Guinée fut incapable de produire 30.000 tonnes. Pourtant, pour rattraper la Côte d’Ivoire il faut vaincre un écart de 671.236 tonnes.

La conclusion

À l’image de la citation « Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour». Une volonté politique non concrétisée par des investissements sérieux n’est que pur mensonge. Entre 2016 et 2017 le budget de l’agriculture en Guinée a dégringolé de 33% (36 millions $ à 27,3 millions $). Alors que celui de la présidence était en nette augmentation. Pendant ce temps dans les autres pays, l’agriculture la justice sociale pour tous, reste la priorité pour donner du pouvoir d’achat à la population mais aussi permettre à celle-ci d’avoir des activités pérennes. Le Sénégal avec son budget 2018 de €298 millions (environ 348 millions de dollars) et les autres pays que j’ai cités en exemple dans ce présent article, sont des pays qui ont compris l’ascendant d’une agriculture développée sur la population.
Quand certains projets aussi simples peinent à être sur pied avec le régime actuel. La seule alternative possible est le renouvellement complet de l’offre politique actuelle. Vivement une rupture radicale en 2020.

 

 

NB : Deux des images de ce présent article viennent du support de présentation de Dr Mamadou Barry, je lui remercie pour sa brillante présentation lors de son passage à Paris. Le thème de son oral était « Le rôle de la bauxite dans le développement de la Guinée : miracle économique ou mirage ? »

Il est à noter que l’offre et la demande a eu raison sur certains producteurs de la Guinée-Bissau et une partie de la Côte D’Ivoire qui ont gardé leurs ventes en vue de tirer un meilleur prix. Ceux-ci sont confrontés aux mêmes réalités que la Guinée, la baisse du prix post-campagne. D’après nos dernières informations, l’État Guinéen est maintenant moins regardant sur les sorties de noix de cajou vers d’autres cieux car incapable d’absorber le stock actuel.

Sources :

https://www.planetoscope.com/Epices/1253-production-de-noix-de-cajou-dans-le-monde.html
https://www.planetoscope.com/Epices/1253-production-de-noix-de-cajou-dans-le-monde.html
http://www.jeuneafrique.com/mag/289609/economie/cote-divoire-lanacarde-de-plantation-a-lusine/
http://www.rongead.org/IMG/pdf/Guide_RONGEAD___Le_Marche_International_de_l_Anacarde_v.light.pdf

 

 

MAKANERA Mohamed Lamine
Consultant en informatique.
Développeur full-stack, Senior.

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