Ce mercredi 5 octobre s’est ouvert à l’hémicycle au Palais du peuple l’examen de la loi des fiances 2017 et celle rectificative de l’année en cours dans son discours d’ouverture, le président de l’assemblée national Claude kory kondiano a fait le point sur la session budgétaire en perspective et sur l’examen et l’adoption de la loi de Finances Initiale.
La dette intérieure
Selon le président de l’assemblée nationale, l’accumulation des arriérés de payement de la dette intérieure et ses effets pervers sur les activités des PME et PMI impacte négativement l’économie nationale. Les discussions ont conduit à recommander la finalisation et la publication du rapport d’audit sur la dette intérieure pour que l’échéancier de remboursement qui sera défini dans le court terme produise l’effet de levier attendu pour relancer la croissance de l’économie.
Les décaissements sur financements extérieurs
Le Bureau de l’Assemblée Nationale a, après lecture du dossier, diagnostiqué une faible capacité de décaissement des prêts et dons, dont bénéficie la Guinée. De 2010 à 2015, seulement 45,66% des allocations budgétaires à ce titre ont été décaissées en raison des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre et le suivi de l’exécution des projets, ainsi que la méconnaissance des procédures des bailleurs de fonds.
Les retards dans la transmission des Lois de Règlement et de la Loi de Finances Rectificative 2016
En plus des budgets exécutés au cours de la transition, l’Assemblée Nationale attend toujours les projets de Lois de Règlement pour les exercices 2013, 2014 et 2015, c’est ce qu’a laissé entendre Claude Kondiano.
Des réunions de concertation entre la commission des Finances et la Cour des Comptes ont recommandé la mise en œuvre des modalités pratiques pour corriger cette malheureuse situation. Il a été expressément demandé au Ministère de l’Economie et des finances, à travers la direction du trésor, d’accélérer le bouclage des comptes de gestion afin que la Cour des Comptes puisse les certifier en toute connaissance de cause pour permettre au Parlement d’en délibérer de plein droit.
Pour ce qui concerne la Loi des Finances Rectificative 2016, force est de constater que malgré les injonctions réitérées de l’Assemblée Nationale, l’exécutif n’a pas respecté le délai d’examen à lui imposé par les dispositions de la Loi Organique sur les Finances publiques.
En effet, la LFR permet de corriger les prévisions initiales et de procéder aux ajustements nécessaires à l’équilibre budgétaire en agrégeant bien entendu tous les effets des évolutions conjoncturelles. Il était donc souhaitable pour les Honorables Députés de donner leurs quitus à la LFR avant la date d’ouverture de la présente session budgétaire. « Encore une fois, nous sommes dans une situation de fait accompli qu’il faut assumer sous réserve de raison justifiée ».
D’autres sujets aussi importants ont été discutés en rapport avec les lois programmes, la situation financière de nos ambassades, les subventions et transferts accordés aux universités publiques et privées ainsi que le cadre macroéconomique et le débat d’orientation budgétaire.
Point de la situation avec les institutions de Bretton Woods
Les développements faits par le chef de la mission au cours de l’audience augure de bonnes perspectives ; selon lui, la guinée a satisfait à tous les critères de performance : les perspectives de croissance seront de l’ordre de 5,2%, à fin 2016, contre un taux de croissance initiale de 4,7% en termes réels ; le consensus s’est dégagé sur une croissance de 4,6% projetée en 2017 et un taux d’inflation revu à la baisse de 9% à 8% en glissement annuel en 2017 ; ces variables ont été déterminantes dans l’élaborations du projet de budget pour 2017. C’est un sentiment de soulagement quand on a encore à l’esprit l’effet dévastateur de la fièvre hémorragique à virus EBOLA qui a pratiquement annihilé tous nos efforts de croissance.
L’assurance a été donnée aux membres de la représentation nationale présents à cette audience que les performances globales dans l’ensemble sont favorables à la conclusion de la huitième revue. Toutefois, cela ne signifie pas que le pays va cesser de s’ajuster et de se passer du FMI. « En vérité l’ajustement étant un processus permanent, celui-ci s’impose à tous les pays ; c’est pour cela que chacun de nos pays membres du FMI est contraint de se soumettre à son contrôle périodique au moyen des consultations au titre de l’Article IV des statuts qu’il a dument signés. C’est donc dire qu’avec ou sans le FMI, la Guinée doit, à l’instar des autres pays, continuer à s’ajuster » a conclut le président de l’assemblée nationale guinéenne.
Mamadou youssouf Barry pour Guinée Economie



