Patronat de Guinée : nouveau rebondissement dans la crise

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Le  monde du secteur privé Guinéen traversait une période d’accalmie ces derniers temps qui a fait penser que la crise de leadership au sein du patronat Guinéen s’était dissipée.

Les différentes prises de positions, notamment de l’OIE et du récent forum Ivoiro – Guinéen, organisé avec le CNP version Ansoumane Kaba Guiter donnaient l’impression que les contradictions internes au corps patronal s’étaient dissupés. Jusqu’à ce mardi 5 septembre où Elhadj Habib Hann revient sur le devant de la scène,à Conakry ,devant un parterre de journalistes, pour contester vigoureusement la légalité du leadership de Kaba Guiter.

Ceux qui croyaient que la hache de guerre était enterrée entre les deux camps rivaux qui se battent pour le contrôle du conseil patronal de Guinée en ont eu pour leur compte, Elhadj Habib Hann persiste et signe « le congrès ayant élu Kaba Guiter est illégal et illégitime, c’est pour cette raison qu’il a été annulé par la justice ; parce qu’il s’est tenu dans des conditions irrégulières. Celui qui avait convoqué ce congrès, El hadj Mamadou Sylla , n’en n’avait pas la qualité. Donc la justice lui en interdisait le rôle, mais malgré tout, il est passé outre»,  a rappelé Habib Hann.

C’est  pour cette raison, explique M. Hann  que les fédérations patronales, se sont retrouvées pour tirer les conséquences. Cela a abouti à un nouveau congrès électif qui l’a porté à la tête du patronat Guinéen.

Toutefois Elhadj Hann estime qu’au-delà des querelles d’égo, il est nécessaire de privilégier le dialogue et la concertation pour ramener, selon ses propos « tout le monde à la maison commune ». Il a tendu « une main franche » au camp de M. Guiter pour «  se retrouver, parler d’une même voix et pourquoi pas fusionner les bureaux dans la plus grande inclusivité ».

Si sur le plan juridique et de la réglementation sur le fonctionnement des associations syndicales et patronales, Elhadj Hann a une solide assise, tel n’est pas le cas sur la ligne adoptée par les organisations internationales et sous régionales du travail qui semblent souffler le chaud et le froid, en faisant mine de collaborer avec tout le monde alors qu’en réalité, leurs prises de position sont conditionnées par des pesanteurs politiques et stratégiques.

Le problème du patronat guinéen réside essentiellement dans l’influence et la mainmise des lobbys supposés tapis dans l’ombre des pouvoirs publics et qui tirent les ficèles en fonction de leurs intérêts politico-économiques.