PRODUITS PÉTROLIERS : L’ATTRIBUTION D’UN MARCHÉ DE SIX MOIS À SAHARA POURRAIT ÊTRE ANNULÉE

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Quel diable a saisi les membres du comité paritaire pour qu’il en vienne à offrir autant d’or sur un plateau d’argent à Sahara, en lui attribuant à 57 dollars américains, la tonne métrique, pour six nouveaux mois, le marché d’importation des produits pétroliers pour la Guinée ? La question brûle les lèvres. De nombreuses interrogations fusent des milieux de spécialistes, près d’une semaine après l’attribution de ce marché.

Mais la plus grosse, c’est celle de savoir comment en six mois, on est passé en Guinée d’un barème de 39 dollars et poussières à 57 dollars, la tonne métrique ? Difficile d’expliquer, de justifier une telle majoration de 17 dollars. Difficile de soutenir qu’une telle majoration que rien ne justifie à priori, en tout cas pas le prix du baril, encore moins celui du platt, n’entrainera point ni de hausse du prix du carburant à la pompe ni celle de la note de la subvention de l’Etat aux produits pétroliers.
Selon nos informations, ce dont il est question, en ce qui concerne le prix de la tonne métrique, ce n’est ni plus ni moins que la marge trader, autrement dit la part de bénéfice que le négociant s’aménage au gré des spéculations. Le négociant étant l’intermédiaire entre les raffineries et les pays consommateurs.

Cette marge bénéficiaire a connu une augmentation sans précédent en Guinée depuis 2007, une augmentation sans commune mesure avec la sous-région. D’un dollar et demi au début des années 2000, cette marge est passée à 4 dollars, puis à 5 dollars, ensuite à 15, pour être fixée, au regard de toute la spéculation à laquelle s’adonnaient ces traders en Guinée, d’année en année, à 20 dollars américains, en 2011, par arrêté interministériel.
Selon nos informations, pour que cet arrêté soit signé en 2011, il a bien fallu tout le poids de Monsieur le président de la république. Donc c’est sur cette base que tous les marchés étaient censés être attribués jusqu’à nouvel ordre.
Sans que cette disposition ne soit revue, sans qu’un autre arrêté interministériel ne soit pris fixant un nouveau barème de la marge trader, il y a six mois, on est passé alors de 20 à plus de 39 dollars lorsque le dernier marché devait être attribué. Comment ?

Quelques malins petits esprits seraient allés dire au président de la république, qu’avec une marge de 20 dollars, aucun trader n’était prêt à importer des produits pétroliers pour la Guinée. Le tour était joué, le marché avait été attribué à Sahara, au terme d’un processus assez surréaliste.
Ces malins petits esprits, toujours assoiffés de plus d’argent, semblaient avoir réussi leur coup, en passant d’un trait de moins de 40 à 57 dollars. Mais selon nos informations, le chef de l’Etat aurait mis le doigt dans la plaie, et aurait demandé que l’attribution faite à Sahara à nouveau pour six mois, soit purement et simplement annulée.

Si elle est maintenue en l’état, soit l’Etat applique la flexibilité des prix, et laisse le prix du carburant à la pompe grimper, soit il se résigne à perdre plus d’argent, en droits de douanes, taxes spécifiques et autres, au titre de sa subvention au secteur.

A rappeler d’un mot que la marge trader dans l’espace UEMOA, est de 5 dollars depuis de longues années.
Une décision des autorités serait attendue et s’impose dans les heures ou jours qui suivent !

A suivre !
mosaiqueguinee