Quel model de pôles de développement économique et social pour la République de Guinée, un défi pour le gouvernement d’Alpha CONDE pour son quinquennat

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Guinea's President Alpha Conde attends a session at the World Economic Forum (WEF) in Davos, January 26, 2012. REUTERS/Christian Hartmann

La République de Guinée Conakry, de par sa position géographique et naturelle, regorge plusieurs richesses du sol et du sol en termes de minerais de fer, de bauxite, de ressources en diamant, en or et autres gemmes.

Au delà de cette richesse du sol et du sol, la République de Guinée est un pays agricole, pastorale, hydroélectrique et halieutique, regorgeant ainsi toutes les richesses, jusqu’à date surnommée le château de l’Afrique et un pays de scandale géologique.

La question que l’on se pose est ce que ces richesses ont-elles apportées une valeur ajoutée aux revenus de l’Etat, de la population sachant bien que le pétrole constitue pour l’Arabie Saoudite, le Venezuela, la Guinée Equatoriale, les pays des Emirats Arabes, ce qu’est les mines, l’agriculture, la pêche pour la Guinée ?

Depuis plus de 56 ans et plus nous parlons de mines, de recherche et de développement minier, de forum minier à travers des installations industrielles qui datent de 1960, 1973, 1975 et 2014, qui constituent des leviers de notre économie nationale sur lesquels sont bâtis une grande partie des recettes budgétaires.

Force est de croire qu’au-delà des mines qui ont été au centre des préoccupations des gouvernants guinéens depuis l’indépendance jusqu’à nos jours et qui sont considérées comme des sources de devises permettant ainsi de garantir nos réserves extérieures et nos recettes intérieures, celles-ci n’ont connues aucune valeur ajoutée en termes de transformation directe et d’impact sur le revenu de la population.

Les causes sont diverses et variées, manque crucial d’énergie à l’époque, la non valorisation des pôles de recherches et développement (RD) pour une innovation continue en matière d’exploration, d’exploitation et de gestion moderne des mines de fer et de la bauxite et la transformation de la terre rouge en alumine, en aluminiums, en fer et en acier vendu sur le marché mondial comme le café, le cacao, l’hévéa, l’anacarde, le coton, l’ananas, la banane, etc…

Le manque d’un véritable Institut National des Mines bien équipé en outils d’études théoriques et pratiques avec des programmes adaptés aux concepts actuels formant ainsi des ingénieurs de très haut niveau, des chercheurs en développement et en innovation minière, en gestion et en exploitation minière, en commercialisation des produits miniers, etc.. Autrement dit, une Ecole de référence Africaine et voir mondiale en tant que premier pays producteur et exportateur de bauxite et de minerai de fer.

Le manque de stratégie à court, à moyen et à long termes, basée sur des études techniques, un cadre juridique cohérent, une étude fiscale, économique, financière, environnementale approfondie ainsi que le suivi et le contrôle des cours sur le marché international pour une bonne évaluation et des anticipations par rapport à la fixation des prix, toute chose qui a déséquilibré de tout le temps les repères quantitatifs et qualitatifs de nos prévisions budgétaires et de l’équilibre macroéconomique durable.

Dans la même dynamique, il faut également procéder au renforcement des Centre de développement et de recherches minières et géologiques par des équipements modernes et une formation continue des cadres et des ingénieurs des mines et géologies.

Les mines n’ayant pas permis d’accroître la richesse nationale et le revenu des populations, il serait nécessaire de se tourner vers d’autres secteurs de développement économique.

Nos richesses étant diversifiées et variées, il va falloir qu’on change de stratégie pour aller vers d’autres secteurs de croissance économique pour une forte création de la richesse nationale par la production accrue et l’exportation des produits agricoles et halieutiques, etc…

Ce qui amènerait à augmenter le volume des transactions courantes de la balance de paiement, de la masse et du transfert des devises étrangères vers notre pays en vue de soutenir notre économie nationale.

Les secteurs agricoles, halieutiques, artisanaux et de services constituent de nos jours à l’instar des pays comme le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Maroc, le Kenya, le Rwanda, etc.., des sources de devises, de production, de commercialisation et de distribution à grande intensité de mains d’œuvre, diminuant ainsi l’exode rurale, la paupérisation et la pauvreté dans notre pays.

Le Manque de conception groupée par Ministère technique, d’organisation professionnelle dans les secteurs indiqués font qu’aujourd’hui l’Etat perd énormément de ressources en devises et de valorisation des ressources humaines (investissement continu sur le capital humain dans ses secteurs).

Les études économiques et statistiques ont démontrées que nos régions naturelles ont des spécificités en termes agricoles, artisanales, halieutiques, etc… D’où la problématique de mise en œuvre des pôles de développement économique et sociale au niveau de ses régions naturelles.

  1. La Spécificité des richesses de nos régions :

Les spécificités agricoles, artisanales, halieutiques, de nos régions, de nos préfectures et des communes rurales de développement (CRD) peuvent nous pousser à porter la réflexion vers une réorganisation des groupements et des coopératives de tout ces secteurs avec un appui constant des pouvoirs publics en terme de financement, de formation, d’information, de sensibilisation dans la conception, la gestion, l’exploitation rationnelle, la recherche et le développement pour une innovation et une autonomisation réelle desdits groupements en terme d’administration.

Les régions forestières regorgent et constituent un potentiel agricole diversifié qui sont entre autres, le café, le cacao, le palmier nain, l’hévéa, la banane plantain, le riz de baffons et autres cultures vivrières.

Les régions du foutah regorgent également les cultures de fonio, de la pomme de terre, de l’oignon, de la tomate, de l’orange, de la clémentine (mandarine), de l’avocat, du citron, qui au-delà de la consommation locale pourraient être restructurées et orientées vers l’exportation et l’industrialisation.

 

Les régions du mandingue regorgent aussi, d’énormes cultures et de potentiel agricole en riz de pleine, en coton, en igname, en mangue, en maïs, en arachide et d’autres cultures vivrières. Ces produits méritent d’être bien traités et destinés à l’exportation vers les pays de la sous région, l’Afrique et le reste du monde dont la demande en consommation, en commercialisation et en industrialisation se fait sentir.

Les régions de la côte (Basse Guinée), ont des cultures diversifiées et également un potentiel agricole varié en culture des agrumes, en riz des pleine et des baffons, en maïs, en arachide, en coton, en anacarde, en piment, en aubergine, en citron, etc…dont les groupements où coopératives peuvent également être réorganisés et restructurés sous forme de micros entreprises pour améliorer la consommation locale et développer d’autres produits et services à valeurs ajoutées destinés pour l’exportation et l’industrialisation locale.

Pour mener à bien cette politique agricole, artisanale, halieutique à grande échelle, il suffira de regrouper les techniciens des Ministères concernés, les acteurs, les bailleurs locaux et étrangers pour redéfinir de nouvelles stratégies non bureaucratique mais une vision basée sur un partenariat privé-public tourné vers une autonomie totale des coopératives et groupements d’intérêt économique, agricoles, d’artisanats, de pêches artisanales, etc….

C’est pour cette raison qu’il faut aujourd’hui une véritable volonté politique de l’Etat pour accompagner et redynamiser tout ses sous secteurs porteurs de croissance de notre économie.

  1. Le Rôle des Pouvoirs Publics pour une relance des projets sectoriels cités ci-haut :

Le secteur de l’artisanat, de la pêche artisanale et continentale, agricole, etc.. méritent une grande attention particulière de la part des gouvernants guinéens comme c’est le cas du Sénégal, du Ghana, du Kenya, de la Côte d’Ivoire, du Maroc, du Rwanda, etc.. qui aujourd’hui soutiennent à travers des subventions publiques bien contrôlées ou des apports de bailleurs de fonds bilatéraux, l’acquisition des équipements moderne, la formation professionnelle des acteurs des secteurs concernés aux nouveaux concepts et aux nouvel outils et instruments de gestion et d’exploitation des produits et services développés par ceux-ci.

La mise en place et l’élaboration d’un nouveau cadre juridique et réglementaire relatif au fonctionnement de la production, de la transformation, de la commercialisation et de la distribution des produits issus de ses sous secteurs au plan local et international.

Ces productions agricoles, artisanales, de pêches artisanales et continentales variées et diversifiées suivant les spécificités des régions, des préfectures, des communes rurales de développement, constituent de véritables sources de devises pour l’Etat si son appui politique, administratif, juridique et financier est constamment renouvelé et dynamisé par un encadrement sérieux.

C’est pour cette raison, qu’il va falloir porter une attention toute particulière sur ses projets sectoriels pour venir en appoint au secteur des mines en termes de ressources en devises et d’employabilité de main d’œuvre à haute intensité.

Il est vrai que ces cinq (05) dernières années, d’énormes progrès ont été réalisés par la 3ème république pour la viabilisation et l’aménagement des espaces de production, l’équipement en engrais bien que mal conçu et pas bien orienté à certains endroits ce qui a d’ailleurs faussé les rendements en termes de récoltes et de résultats attendus par la population. Autrement dit, il n’y a pas eu de bonne préparation au préalable et de concertation entre les acteurs concernés et les services techniques de l’Etat.

Aussi, l’acquisition des machines agricoles de tout genre qui d’ailleurs ont été commandées par tous les régimes précédents sans aucun résultat positif en termes d’autosuffisance alimentaire, d’employabilité, d’industrialisation du secteur agricole surtout et en plus l’exportation soutenu de ses produits vers les marchés de la sous région, de l’Afrique et le reste du monde, etc…

Ces équipements agricoles au lieu d’être céder gratuitement comme par le passé, doivent être vendus au même titre que les engrais aux différents groupements et coopératives avec des paiements sous forme conventionnelle en tenant compte du prix proposé à cet effet par l’état.

Les mêmes causes produiront toujours les mêmes effets si elles ne sont pas bien conçues, contrôlées, organisées et bien suivies.

Dès lors, il s’agira de mettre en place des cadres de concertation entre les différents acteurs des secteurs concernés, les producteurs, les distributeurs, et ceux chargés de la commercialisation, l’Etat, les structures financières décentralisées, les bailleurs de fonds au plan international (l’AFD, le PNUD, l’UE, l’USAID, le PAPME de la Banque Mondiale, la coopération japonaise, etc…), afin de mener à bien de nouvelles stratégies communes de mise en œuvre de ces projet de développement avec à la clé, l’autonomie administrative et financière de gestion et d’exploitation desdites coopératives et groupements d’intérêt économique (GIE).

A cet égard, il reviendra aux pouvoirs publics de faire promouvoir une communication continue entre les services de l’Etat, les producteurs, les distributeurs, les secteurs de commercialisation pour une bonne synergie d’information, de sensibilisation et d’organisation.

Pour pallier à toutes ces insuffisances, il faudra dès à présent recenser tous les groupements et les coopératives des secteurs concernés par régions, par préfectures et par communes rurales de développement en vue de constituer une base de données, d’une part, et de se projeter sur des rencontres sous forme d’ateliers, de séminaires de formation basés sur des échanges techniques et opérationnels en vue d’identifier tous les besoins en terme d’équipement et leur forme d’utilisation.

Ces groupements et coopératives doivent être constitués de femmes, de jeunes diplômés sans emplois ou non diplômés qui représentent 52 et 60% de la population guinéenne sans compter ceux ou celles qui vivent dans les zones rurales.

Dans ce processus, la formation continue et organisée des acteurs devraient être la clé de voute pour la réussite de tous ces projets sectoriels qui d’ailleurs ont été conçus depuis des années.

La préparation des ouvriers dans les secteurs concernés aux fondamentaux de l’utilisation de ces équipements et des techniques agricoles et culturales avec le concours des ingénieurs agronomes et des cadres administratifs des secteurs Ministériels concernés, la mise à disposition des financements ainsi que les mécanismes d’accès y afférent.

La mise en place des Centres de traitement et de conditionnement des produits agricoles, artisanaux, halieutiques, etc… destinés à l’exportation et à la consommation locale (préparation des produits, emballages sous le label guinée).

La création d’une Agence Nationale d’exportation des produits agricoles et halieutiques comme c’est le cas dans certains pays Africains et Asiatique particulièrement la Chine avec un partenariat privé-public (soit 60% représentant la part de l’état et 40% les groupements et coopératives, etc..).

Cette Agence sera chargée de collecter à travers des achats groupés auprès des producteurs, des pêcheurs en vue d’assurer le traitement et le conditionnement avec des normes de sécurité et d’hygiène requise, tous ces produits destinés à l’exportation sous le contrôle de qualité, la supervision et la régulation de l’état

Dans ce processus, le rôle essentiel de l’Etat dans ses secteurs consiste essentiellement à l’encadrement, la supervision, la normalisation et la régulation laissant ainsi une autonomie de gestion et d’exploitation totale aux groupements et aux coopératives concernées pour leurs propres prises en charge.

  1. Le processus de valorisation et d’intégration de ces métiers dans l’enseignement moyens, technique et professionnel :

Force est de constater la problématique de valorisation et d’intégration de ces corps de métiers dans les réformes de l’enseignement moyens, technique et professionnel pour une dynamique de développement durable de tous les projets sectoriels au plan agricole, artisanal et halieutique.

Autrement dit, ces corps de métiers devraient être intégrés au programme de formation de l’enseignement moyen, technique et professionnel, pour une durée de deux (02) ans ou plus pour ce qui est (des ouvriers agricoles, des machinistes agricoles, des artisans de tout genre, et les autres petits métiers de pêches artisanales, etc…) qui seront à l’avenir les moteurs et les leviers de notre développement économique et social.

Ces agents bien formés, ils seront orientés vers les groupements et les coopératives comme agents techniques d’appui pour accompagner les administrateurs chargés de l’exploitation et de la gestion desdites coopératives pour la conduite dans certains travaux à savoir :

* l’aménagement des terres cultivables, le système de maîtrise d’eau ;

* les méthodes d’irrigation des pleines, les techniques d’aménagement des baffons ;

*l’utilisation rationnelle et la pose des engrais selon les variétés de cultures, l’entretien des équipements agricoles, les techniques de récoltes ;

* les techniques de traitement et de conditionnement des produits agricoles ;

* l’organisation et la gestion de la pêche artisanale, la technique de conditionnement des produits halieutiques, etc… ;

* l’organisation des débarcadères, la gestion de la sécurité des barques ;

* le désigne organisationnel en artisanat, la conception et les techniques de fabrication des produits artisanaux de tout genre, etc..).

Pour assurer et renforcer cette dynamique, l’on pourrait développer des types de coopération en assistance technique avec des pays de la sous région Ouest Africaine, du Maghreb, de l’Europe, de l’Asie, de l’Orient et de l’extrême Orient ainsi que le reste du monde qui ont une grande expertise dans ses secteurs et envisager éventuellement des échanges au plan formation, information sans aucun complexe ainsi que des voyages d’études pour s’imprégner des meilleurs pratiques à ce jour.

Au-delà, il faudra organiser de grands salons et forums sur ces secteurs en invitant des pays amis à dérouler leur expérience en la matière et signer des partenariats de coopération, d’assistance financière et technique avec les acteurs concernés.

Il faut rappeler que toutes les statistiques y compris les études de faisabilités des projets agricoles et celles des autres secteurs cités ci-haut existent réellement depuis longtemps car il suffit de les actualiser en fonction de la demande et de l’environnement actuel pour permettre aux pouvoirs publics de prendre des décisions par rapport à la relance desdits secteurs.

A part, les mines, la Guinée compte tenu de ses richesses variées et diversifiées doit normalement occupée la première place en termes de production, de gestion, d’exploitation et d’exportation des produits agricoles, halieutiques et artisanaux de la sous région Ouest Africaine, de l’Afrique, voir le monde.

L’occupation de ce rang ne se matérialisera que par la perception et la bonne conception des projets, la conduite mesurée et le suivi régulier qui d’ailleurs dépend en grande partie du leadership, de la vision, de l’ambition et du nationalisme de la part des pouvoirs publics guinéens.

Une nation pour sa réussite doit se mettre dans une dynamique de haute compétition dans tous les secteurs socio-économiques à l’échelle nationale, sous régional, régional de son espace continental et le reste du monde.

Dans cette lancé, elle doit pourvoir beaucoup plus d’ouvriers hautement qualifiés que d’universitaires et cela par la création des grandes écoles techniques répondant à la demande d’emploi ainsi qu’au besoin exprimé des sous secteurs de son économie.

Pour gagner ce pari si cher à une nation et à un état, il faut instaurer la culture de résultats positifs sanctionnés par des récompenses sous forme de décoration en médailles d’honneur du travail et du mérite.

Enfin, en mesurant le ratio secteurs agricole, halieutique et artisanal par rapport au PIB de notre économie nationale, ont trouve de loin que ses sous secteurs sont beaucoup plus porteur de croissance économique que les mines dont les prix connaissent une fluctuation de tous les jours sur le marché international.

Sékou Oumar PENDESSA, Juriste

        Adresse Email pendessa46@gmail.com