Tribune de réflexion : Quelles politiques publiques de développement économique, social et éducatif pour la Guinée Reviewed by Momizat on . Le développement économique a connu des tournants décisifs selon les concepts libéraux, néolibéraux et communistes et également selon les régimes politiques à t Le développement économique a connu des tournants décisifs selon les concepts libéraux, néolibéraux et communistes et également selon les régimes politiques à t Rating:

Tribune de réflexion : Quelles politiques publiques de développement économique, social et éducatif pour la Guinée

Tribune de réflexion : Quelles politiques publiques de développement économique, social et éducatif pour la Guinée

Le développement économique a connu des tournants décisifs selon les concepts libéraux, néolibéraux et communistes et également selon les régimes politiques à travers le monde.

L’histoire des faits économiques a retenues que l’évolution des pratiques et des concepts de développement ont toujours été influencés par la nature des régimes politiques basés sur des doctrines et des dogmes des grandes écoles entre le nord et la partie communiste.

Les concepts soutenus par les Pouvoirs Publics durant les grandes décennies des années 60 et 80 étaient d’imposer par le biais des théories économiques, les bases d’une doctrine libérale et communiste du développement.

L’Afrique à l’instar des autres continents à travers le reste du monde, a subie dans le cadre de la mise en œuvre de ces programmes de développement, l’influence de ces différentes théories économiques.

Au cours des années d’indépendance, les pays Africains au sud du Sahara, ce sont orientés sur des concepts de développement économique calqués sur deux (02) modèles selon la nature des régimes politiques et la vision des Chefs d’Etat.

Certains pays ce sont focalisés sur des pratiques et des concepts libéraux de politique de développement tout en mettant l’Etat au devant de la gestion des entreprises publiques et para publiques, etc…

D’autres par contre, ce sont orientés sur des concepts de développement économique à caractère socialiste (étatisation du tissu économique et industriel de l’exploitation et de la production de la richesse nationale).

  • Le Contexte Guinéen des politiques publiques de développement économique :

La Guinée à l’instar des autres pays Africains, s’est engagée dès l’obtention de son indépendance dans une économie étatique de politique publique de développement.

Sortie du joug colonial et ayant prise une position très démarquée par rapport à la demande de son indépendance politique, économique et sociale contrairement à l’esprit des autres pays amis francophones de l’Ouest (la Côte d’Ivoire et le Sénégal, etc..), a commencé à bâtir dès les années 60, des politiques publiques de plus d’Etat « la prédominance de l’Etat dans les secteurs de la vie économique et sociale ».

Ce qui s’est traduit par la création de plusieurs entreprises publiques à caractère industriel, commerciale de production et de services, etc…

Ces entreprises étaient toutes sous l’emprise de l’Etat, autrement dit, elles recevaient des subventions de la part de ce dernier dès lors qu’elles se sentaient en position de faiblesse par rapport à sa trésorerie ou pour des besoins en fonds de roulement.

La non rentabilité dû à la mauvaise gestion de ces entreprises commerciales et industrielles à fortement contribuées à la dégradation non seulement de la trésorerie de l’Etat quand ce dernier ne rentrait plus en possession de la subvention faite à ces entreprises.

La bonne vision du régime socialiste d’alors est presque tombée dans une phase de déliquescence de l’ensemble des tissus industriels et commerciaux entrepris par le jeune Etat.

Si le concept et l’option de ces différentes politiques publiques étaient à saluer, parce que répondant au besoin et à la demande de la population, ceux-ci n’ont pas connus un accompagnement mesuré au plan de la gestion, de l’exploitation et du contrôle financier strict de la part de l’Etat dans ces choix de personnes ressources pour administrer ces unités.

De 1968 à 1977, plusieurs réformes ont été annoncées et entreprises sans résultats probant dû essentiellement à l’inadéquation entre conception des politiques publiques économiques et la mise en place des grandes Ecoles de gestion d’entreprise commerciales et industrielles, etc..

Autrement dit, les politiques publiques d’éducation nationale devraient porter des réflexions sur cette vision d’accompagner ces entreprises commerciales et ces unités industrielles dans la dynamique de bonne gestion et de choix des cadres devant administrer et contrôler ces dernières.

Comme la plupart des pays Africains, la Guinée s’est focalisée sur les Universités pour bâtir sa politique de l’éducation supérieure et dont bon nombre des administrateurs de ces entreprises commerciales et industrielles sont sortie.

Les cadres issus de cet enseignement public universitaire ont été choisi selon les filières académiques pour gérer et contrôler ces entreprises sans un aucun outil et instrument technique moderne de gestion de l’époque.

Pour mémoire, des régimes politiques Africains à caractère libéral ont poursuivi et mis en place les mêmes programmes de politique publique économique en créant des entreprises industrielles et commerciales avec le plus d’Etat (le Maroc, la Tunisie, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, etc…) pour ce qui est du cas Africains et la France en ce qui concerne l’Europe, etc…

Ces pays Africains bien que libéraux au plan économique, ont conçus des politiques publiques de gestion Etatisée des entreprises industrielles et commerciales en faisant une adéquation entre celles-ci et les programmes publics d’éducation nationale.

Ces programmes ont été conçus en fonction des besoins et de la demande en termes de gestion et de contrôle des entreprises publiques. Cela s’est caractérisé par la création des grandes Ecoles de haute Etudes de commerce, de Trésor Public, d’Administration Publique, des Corps d’’inspecteurs d’Etat, etc…

Des Ecoles de haute Etudes d’’Ingénieur et d’aménagement hydraulique, d’Agriculture et d’énergie, etc.., pour ne citer que cela.

La question que l’on doit se poser est de savoir est ce qu’il fallait après le régime socialiste qui a crée toutes ces unités industrielles et ces entreprises commerciales dont la vision était salutaire, procéder à leur privatisation ou à leur fermeture dès le discours du 22 décembre 1985 ?

Selon mes propres opinions, mes approches d’analyses économiques, financières et juridiques, on n’aurait dû prendre du recule pour mener des études mesurées et concevoir des plans de restructuration de certaines unités industrielles et commerciales avec l’option « du mieux et de moins d’Etat ».

L’option recapitalisation et privatisation devraient être à l’ordre du jour dans ce processus de reformes engagées après le discours programme.

Ce qui a été le cas pour des pays comme le Maroc, la Tunisie, la Côte d’Voire, etc…

Cette synergie aurait permis de garder dans le porte feuille de l’Etat quelques Unités Industrielles et des entreprises commerciales à forte intensité de main d’œuvre qualifiées et expérimentées.

Les mêmes causes ont produits les mêmes effets dès 1985, en se lançant dans une politique libérale économique sans base aucune au plan de la redéfinition d’une parfaite politique libérale de l’éducation nationale.

Deux options étaient permises dans ce contexte : créer au sein des Universités d’Etat, des filières de gestions et de management des entreprises à caractère industriel et commercial, de contrôle de gestion, d’administration publique, d’ingénierie financière, de gestion des ressources humaines, de nouvelle technologie de l’information et de la communication, etc…

Egalement des filières d’études économiques de développement, de recherche scientifique et d’innovation, etc…

Si non expérimenté la création des Ecoles de formation supérieure en commerce, en gestion et Droit des entreprises, en ingénierie financière, en technologie et informatique appliquée, en aménagement et hydraulique, etc… sous l’égide des Ministères techniques.

Les échecs répétés dans la gestion des Etablissements Publics à caractère industriel, économique et social n’ont de cause négative que ce vide académique public qui aurait servi de vivier pour mener à bien l’administration et la gestion des ces établissements publics.

  • La question de préservation des acquis issus des politiques publiques en Guinée :

Les deux régimes politiques ont bel et bien contribués à poser des acquis au plan des politiques publiques de développement dont les erreurs méritaient ou méritent d’être corrigées et recentrées en fonction de la mutation de l’environnement économique et social de notre pays.

Si le plus d’Etat n’avait pas totalement réussi, en se projetant sur les politiques d’ajustement structurel qui ont débutés dans les années 80, la Guinée à l’instar des autres pays Africains, aurait dû optée dès le changement du régime en 1985, au principe du moins et du mieux d’Etat pour certaines catégorie d’unités industrielles et d’entreprises de services et de production.

Il s’agissait de concevoir d’autres plans de développement de façon mesurée et structurée face au Fonds Monétaire International et à la Banque Mondiale.

L’option libérale choisie n’était pas une mauvaise chose en soi, parce qu’elle a engendré l’initiative privée dans tous les secteurs de la vie économique et sociale voir même culturelle.

Par contre, il s’agit de reconnaître que l’Etat dans cette option a faillit à son devoir et à ses obligations de gendarme en termes de régulateur, de contrôleur, de normalisateur, de surveillant de tous les secteurs au lieu de céder la place à un laissez-allez totale.

Un des Secrétaire d’Etat Américain Mickey Cantor, disait lors d’une grande conférence de l’OMC je cite « le libéralisme ce n’est pas un laissez-allez ».

Si les réformes entreprises dans le cadre de cette option libérale avec réussite dans les domaines des hydrocarbures (exploitation et gestion du carburant y compris son transport, l’installation des Station moderne d’essence, etc…), des finances (banques commerciales, structures financières décentralisées, etc…), Santé Publique (construction et extension des hôpitaux, Centres de Santé, Postes de Santé dans les zones rurales, pharmacies privées, Education nationale en termes d’équipement scolaire, etc.., il faut reconnaître qu’un laissez-allez s’est installer dans d’autres secteurs tels que :

  • Le secteur commerce en général ;
  • Le secteur d’aménagement et de la construction du territoire, pour ne citer que cela.

L’Etat en se désengageant du secteur commercial n’a pas pu jouer le rôle véritable de gendarme économique en termes de régulation, de normalisation et d’organisation dans ce secteur.

L’occupation et l’aménagement anarchique des zones de construction sur toute l’étendu du territoire national mérite d’être repensez autrement en tenant compte des normes et standards internationaux.

S’il y a eu la rénovation et l’extension des écoles publiques et des universités publiques, l’entretien et les maintenances n’on pas suivi.

S’il y a eu la rénovation et l’extension des hôpitaux publics, l’installation des équipements modernes et la maintenance des bâtiments n’ont pas été.

Le renforcement des capacités des médecins dans tous les métiers par une formation professionnelle continue sur place et à l’étranger.

Autrement dit, le laissez-allez s’est également installer dans la gestion et l’exploitation de ces services publics hospitaliers bien que rénovés.

La réflexion doit être portée alors sur les acquis obtenus à travers cette politique libérale en définissant le véritable rôle de l’Etat dans la mise en œuvre et la coordination des politiques publiques.

C’est pour cette raison qu’il faut identifier avec mesure quels sont les secteurs de la vie économique et sociale qui doivent être piloté par les privés et qu’est ce qui est réservé à l’Etat dans son rôle régalien, etc…

En nous retranchant dans notre histoire, la Guinée à l’instar des autres pays Africains a fait un saut qualitatif de 1960 à nos jours en termes de mise en place des politiques publiques économiques de développement.

Le secteur privé guinéen a repris d’ailleurs avec force la réinstallation des unités industrielles, de production et de services grâce à cette ouverture de politique économique (les Usines de Ciment, de fabrication de tôles en tout genre, de peintures à huile, de fer à béton, des équipements ménagers, de briqueterie moderne et d’autres équipements de construction et d’aménagement, etc…)

Il faut saluer avec force la construction du barrage hydroélectrique de Kaléta et les perspectives de construction d’autres barrages pour permettre à la Guinée de se lancer définitivement vers une industrialisation de ses secteurs stratégiques de développement (l’agriculture, l’élevage, la pêche, les mines, etc…

Pour consolider ces acquis de développement économique et social, il faudra l’appui de tous les guinéens sans considération ethnique et communautariste d’administration.

Il faudra également se débarrasser de l’esprit de remettre en cause ce que les autres ont construit ou entrepris et de se porter vers les corrections et la perfection avec moins de bruit.

Le défi qui nous attend et nous interpelle est celui de notre unité d’action débarrassé complètement de nos différences communautaires et communautaristes pour une Guinée d’abord.

J’attend vos remarques et observations.

Mr Sékou Oumar PENDESSA

Juriste à la Banque Centrale de la République de Guinée

Projet développement des Système de Paiement et de la Monétique

Tél : 00224 628 27 97 56 Email pendessa46@gmail.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

*

Copyright © guineeeconomie.com - Tous droits réservés.

Retour en haut de la page